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Un brin d´histoire :
 Origine des CETA :

Des agriculteurs prennent en charge leur propre vulgarisation: les premiers CETA (1944)

 

Le développement agricole s´amorça à la fin de la seconde guerre mondiale avec, notamment, la création des premiers Centres d´Etudes Techniques Agricoles (ceta) à l´initiative d´agriculteurs.

 

Le fondateur du premier ceta, un agriculteur du Bassin Parisien, dit tout simplement à ses amis en mars 1944 (la guerre n´est donc pas encore terminée...): ...´Si nous nous réunissons tous ensemble, nous serons plus forts. Nous partagerons nos problèmes, nous y rechercherons ensemble des solutions et nous préparerons ainsi l´avenir. N´attendons pas tout de l´Etat, de nos organisations professionnelles, de la Recherche Agronomique, mais ´retroussons nos manches´... Par exemple, améliorons les variétés de blé que nous cultivons, améliorons l’organisation de notre travail et testons les matériels qu´il serait souhaitable d´acheter pour être plus performants´...Ainsi naquit le 1er CETA, le CETA du Mantais...

 

Ces pionniers furent à l´origine de l´essor d´une première catégorie de groupes - les CETA donc - petits groupes de 10 à 20 agriculteurs pas plus pour que chacun se sente à l´aise et puisse prendre la parole pour exposer sa propre situation. Ces gens avaient envie de progresser, d’expérimenter des solutions nouvelles, tout en vivant déjà une certaine solidarité à l´intérieur de leur groupe et avec leur milieu, même si ce n´était pas toujours perçu comme cela par l´environnement social et si, c´était inévitable, il y avait là des risques potentiels de coupure avec le milieu, à la fois à cause du caractère innovant, donc exigeant, de la méthode et des solutions techniques expérimentées, mais aussi du fait du manque d´ouverture de certains groupes...

 

Ces premiers groupes ont contribué a une formidable accélération de la vulgarisation du progrès technique en agriculture grâce, notamment, au renforcement des liens avec la Recherche Agronomique dont les spécialistes savaient se faire très proches des ceta sur le terrain en qui ils trouvaient des partenaires privilégiés pour valider les résultats de leurs travaux.

 

Il en fut de même avec les stations de recherche des firmes privées des engrais ( ONIA, Potasses d´Alsace...) ou de l´alimentation du bétail (SANDERS, entre autres...) et dont les spécialistes apportèrent également un concours efficace à l´appui technique des CETA et leurs travaux d´enquête et d´expérimentation locales.

 

Et si on a pu observer alors une amélioration très sensible de l´efficacité de la diffusion du progrès technique, le travail en groupe apportait surtout une dimension nouvelle de promotion humaine, de développement des personnes et de leur capacité à rechercher par eux-mêmes les solutions à leurs propres problèmes. Cela a permis une sorte d´expérimentation grandeur nature de l´intérêt du groupe comme moyen privilégié que peuvent se donner des agriculteurs -s´ils le désirent- pour participer eux-mêmes à leur propre vulgarisation. Car, en effet, il ne s´agissait pas tant de ´créer des groupes´, que de permettre à des gens de s´organiser pour travailler en groupe à la recherche des solution aux problèmes prioritaires de leurs exploitations.

 

Jacques PINON - Origine et développement des organisations agricoles en France - témoignages et partages d´expériences.

 Paroles d´écrivains :

Extrait de ´Vive l´agriculture - le Politique, les Hommes, le Vivant´ de René GROUSSARD et Jean-François COLOMER (Editions France Agricole).

´L´agriculteur personne´ a la capacité d´enseigner au autres, et d´abord à lui-même, un autre style de vie et une autre hiérarchie des valeurs, une autre manière de penser. A ce stade de la réflexion, un retour sur le passé est nécessaire pour en fournir quelques-unes des raisons.
Le premier enseignement reçu par les agriculteurs provient d´eux-mêmes par auto-formation individuelle ou en groupe, par un effort constant de la personne pour s´instruire, écouter, copier l´autre en interprétant sa pensée. Telle a été la mission de la JAC fondée par un jésuite, le père Foreau dans l´immédait après-guerre. Plus tard, Jean-Paul Sartre écrira ´chaque Américain se fait éduquer par d´autres Américians qui en éduquent d´autres à leur tour´. La JAC, mouvement déglise et de jeunesse, proclamait, comme le rappelle excellemment l´économiste Louis Malassis, que ´l´émancipation des paysans devrait être l´oeuvre des paysans eux-mêmes, la formation populaire fondée sur ´voir, juger, agir´ démontra sa grande efficacité et contribua à former la plupart des responsables professionnels régionaux et nationaux´. La discussion et la réflexion en groupe est le point fondamental des méthodes de formation au-delà de la JAC, des Foyers ruraux, des CETA, des GVA, des centres d´essence laïque de promotion rurale dans l´ouest de la France, des centres de promotion du travail, de l´IFOCAP et plus tard du CENAG´. Et il ajoute ´ces méthodes conduisent à une plus grande autonomie, elles impliquent le respect et la compréhension des positions de chacun, elles permettent un appronfondissement par comparaison, analyse et expérimentation. Elles développent une nouvelle solidarité fondée sur l´analyse en commun des faits et sur le choix des moyens à mettre en oeuvre´.

Extrait d´ ´Histoires des paysans de France´ de Claude Michelet.

´Il ne restait plus aux agriculteurs qu´à retrousser leurs manches et à se mettre au travail. Ce qu´ils firent au-delà de toutes les espérances et de toutes les prévisions. Il est à noter qu´ils furent aidés dans leur tâche par ceux qui, au sein de la profession, syndicalistes, militants de la JAC et adhérents des CETA, s´employèrent à faire connaître à tous et à vulgariser les techniques de culture les plus modernes, les nouvelles semences, l´emploi judicieux des engrais et des traitements, la mécanisation et, pour l´élevage, l´amélioration des races, grâce à la sélections et à l´insémination artificielle.´

Extrait de ´J´ai choisi la terre´ de Claude Michelet.

´Les Centres d´Etude Technique Agricole ont vu le jour juste après la dernière guerre. Le premier fu créé par un jeune exploitant (ingénieur agricole) qui gérait une grande ferme à La Queue-les-Yvelines. Son but était de regrouper quelques hommes soucieux d´étudier de très près tous les problèmes professionnels et de chercher, ensemble, les solutions.
Les hommes ainsi entraînés à cette recherche systématique de la progression furent, tout naturellement, les premiers à comprendre et à appliquer les méthodes, les techniques, les nouvelles semences, les découvertes que proposait le Centre de recherche agronomique. Les CETA essaimèrent dans toute la France et jouèrent un rôle considérable dans l´évolution du monde agricole.´

 
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